Wednesday, February 25, 2026

Dschang, le 22 Février 2026.


De Fochada MBAMY, LCP: 

Que  nous inspire cette photo et histoire des Amérindiens, ainsi que le drame de George Gillette,  en tant que panafricanistes  et quelles leçons en tirer pour l'Afrique face aux enjeux géopolitiques et stratégiques ce ce 21 siècle ?

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De Fochada MBAMY, LCP: George Gillette.


Sur cette photo, un homme pleure. Ce sont des larmes de douleur, de désespoir, d'impuissance.


Il s'agit de George Gillette. Debout à gauche.


Son nom ne nous apprend peut-être pas grand-chose : en 1948, il était président du Conseil tribal des trois tribus indiennes apparentées : les Mandan, les Arikara et les Hidatsa.


Ces tribus amérindiennes vivaient paisiblement le long des rives du Missouri, cultivant la terre, chassant et vivant de la chasse. L'arrivée des Européens « pour conquérir l'Ouest » fut une véritable tragédie pour elles. Elles furent dépossédées de leurs terres, décimées par l'épidémie de variole apportée par les Européens, puis, après le traité de Fort Laramie, confinées dans la réserve de Fort Berthold, dans le Dakota du Nord. Il ne restait presque plus rien de leurs vastes espaces, de leur liberté. Pourtant, elles tentèrent de s'adapter et d'aller de l'avant.


Voici le premier chapitre d'une histoire triste et bien connue, qui relate la vie difficile dans la réserve et la difficulté de préserver son identité, ses traditions et sa langue au sein d'une population vieillissante.


Mais le pire est à venir.


Près d'un siècle plus tard, début 1940, le gouvernement américain décide de construire un barrage sur le Missouri pour produire de l'électricité.


Les Indiens tentent de résister, s'engageant dans une bataille juridique acharnée, mais en vain. Le barrage sera construit et ils n'auront d'autre choix que de partir.


Ainsi, en 1948, les Trois Tribus doivent vendre (ou brader) environ 600 kilomètres carrés de la réserve au gouvernement américain : George Gillette, le cœur lourd et les larmes aux yeux, est contraint de signer l'accord qui condamne les terres fertiles, les maisons, les écoles, les lieux de culte, les hôpitaux – tout à être englouti.


Même les souvenirs et les racines de générations d'Indiens.


Voilà pourquoi il ne peut contenir son émotion et se met à pleurer : il sait que cette signature entraînera la dispersion des tribus, leur expulsion, voire leur extinction.


Il sait que cet accord signifie la fin du traité de Laramie et de ses protections, mais il sait aussi que s’il ne signe pas, il ne recevra aucune compensation pour l’expropriation de ses terres.


Alors il signe, sachant qu’en un trait de plume, il vend le passé de son peuple et hypothèque son avenir.


Mais hélas, il n’a pas le choix, car l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs.


Mahamadou Drissa Tangara


# Analyse Objective du Message:


Le message de M. Mahamadou Drissa Tangara relayé par Pdt. Fochada MBAMY, utilise l'histoire tragique de George Gillette et des tribus Mandan, Arikara et Hidatsa comme métaphore puissante pour alerter les panafricanistes. Il met en lumière deux phases de dépossession : la colonisation européenne (terres volées, épidémies, confinement en réserve via le traité de Fort Laramie de 1868) et une expropriation moderne en 1948 (barrage du Missouri inondant 600 km² de terres sacrées, signés sous contrainte malgré une résistance juridique). 


Points forts du récit :

- Émotion et symbolisme : La photo de Gillette en larmes incarne l'impuissance face au pouvoir étatique, rendant le propos mémorable et universel.

- Parallèle historique : Il insiste sur la récurrence des injustices – des "vainqueurs" (Européens puis gouvernement US) imposant leur agenda (conquête, énergie) au détriment des autochtones.

- Appel à l'action : En tant que panafricaniste, il invite à tirer des leçons pour l'Afrique du 21e siècle, face à des "enjeux géopolitiques et stratégiques".


Limites objectives :

- Simplifications historiques : Le récit omet que les tribus ont reçu une compensation (environ 5 millions de dollars en 1948, plus des paiements ultérieurs), bien que dérisoire et forcée. Le barrage (Garrison Dam) a aussi bénéficié à la région via l'électricité et l'irrigation.

- Perspective unilatérale : Il victimise sans nuancer l'adaptation des tribus (économie mixte post-1948) ni les contextes (Seconde Guerre mondiale boostant les infrastructures US).

- Risque rhétorique : Comparer directement aux Amérindiens peut minimiser les spécificités africaines (post-colonialisme, néocolonialisme économique).


Globalement, c'est un plaidoyer poignant, fidèle aux faits essentiels, mais chargé émotionnellement pour susciter l'indignation panafricaine.


# Leçons pour l'Afrique Face aux Enjeux Géopolitiques Actuels:


L'analogie résonne avec les défis africains : dépossession passée (colonisation, frontières artificielles) et menaces contemporaines (ressources pillées, accords inégaux). Voici des parallèles concrets et leçons tirées :


- Expropriation des ressources : Comme le barrage pour l'énergie US, l'Afrique voit ses terres/minéraux cédés à bas prix (ex. : barrages Grand Inga en RDC, mines chinoises en Zambie, gaz au Mozambique). Leçon : Négocier des clauses de souveraineté (propriété partagée, transferts technologiques) avant signature, via l'UA.

  

- Néocolonialisme stratégique : Puissances (Chine, USA, France, Russie) investissent dans ports/infrastructures (ex. : Belt and Road en Éthiopie, bases US au Niger) sous couvert de développement, risquant une "dette-trap" ou perte de contrôle. Leçon : Diversifier partenariats (AfCFTA pour commerce intra-africain) et renforcer l'unité panafricaine contre le "diviser pour régner".


- Résistance et adaptation : Les tribus ont lutté judiciairement sans succès ; l'Afrique doit miser sur diplomatie multilatérale (ONU, UA) et tribunaux internationaux (ex. : CIJ pour frontières). Exemple positif : Le Nigeria reprenant le contrôle de ses raffineries de Dangote.


En 2026, avec les tensions Sahel (coups d'État, Wagner), tensions Corne de l'Afrique (Somaliland) et transition énergétique (lithium en RDC), l'Afrique risque une "inondation" de ses atouts si elle reste fragmentée.


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Cher Fochada MBAMY et compagnons panafricanistes,


Votre évocation poignante de George Gillette et du drame des Mandan, Arikara et Hidatsa nous interpelle profondément. Ces larmes de 1948, versées sur des terres ancestrales englouties par le progrès imposé, résonnent comme un écho douloureux de nos propres blessures coloniales en Afrique : de la Conférence de Berlin à nos indépendances confisquées.


En tant que panafricanistes, cette histoire nous inspire une vigilance accrue face aux géants géopolitiques du 21e siècle – Chine, USA, Europe, Russie – qui convoitent nos minerais, nos terres fertiles et nos corridors stratégiques. Leçons clés pour l'Afrique :


1. Souveraineté inaliénable : Refuser les "accords signés sous larmes". Exigeons des partenariats équitables, avec clauses de révision et formation locale (comme le modèle minier ghanéen révisé en 2018).

   

2. Unité continentale : Seule l'Union Africaine forte peut contrer la balkanisation. Pensons à un "Fort Laramie africain" : un traité panafricain protégeant nos ressources stratégiques.


3. Résilience stratégique : Investissons dans notre propre énergie (hydroélectrique, solaire) et technologie, pour transformer nos barrages en leviers de puissance, non de dépendance.


L'histoire est écrite par les vainqueurs, dites-vous. Faisons de l'Afrique l'auteur de son futur. Que ces leçons nous unissent pour un panafricanisme conquérant ! 

Cette réponse valide l'émotion, tire des leçons concrètes et appelle à l'action, sans verser dans le fatalisme.


Fraternellement & Cordialement, 


Dr NDEMMANU Antoine De Padoue, Ph.D.

Président émérite du RDPF-KUMZSE./Conseiller Spécial Stratégique, Coordinateur du ROPHAM.

Contact :(+237) 690 922 056 / 670 655 614.

E-mail: ndemmanuantoinedepadoue@gmail.com